LE VAISSEAU / Mathieu Briand
Une œuvre-environnement pour accompagner les tout-petits dans leur découverte du monde. Crèche de la Friche Belle de Mai, 13003 Marseille.
LE CHEMIN DES FEES / Lucy+Jorge Orta
Un parcours de sculptures pour réenchanter l'Huveaune. Cinq sites le long de l'Huveaune - Saint-Zacharie, Auriol, Aubagne et Marseille.
HORIZONS - LES SENTIERS DE L'EAU / Tadashi Kawamata
Une œuvre sur le territoire de la Camargue pour révéler la diversité des paysages du delta du Rhône. Musée de la Camargue, Mas du Pont de Rousty, 13200 Arles.
LIMITES FLOUES / Le Cabanon Vertical
Imaginer autrement les espaces extérieurs d'un équipement urbain pour décloisonner et démultiplier les usages. Centre social des Canourgues, 13300 Salon-de-Provence.
TO MAKE A PLACE / Krijn de Koning
Création d'un lieu de vie et de partage dans un collège dépourvu de cour de récréation. Collège Notre-Dame de la Major, 13002 Marseille.
BANC DE SABLE / Olivier Bedu
Transformation d'une place en point de repère urbain, lieu de vie convivial et multiple. Place François Moisson, 13002 Marseille.

Les Nouveaux commanditaires 2013

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 PROJETS EN COURS

Le Vaisseau
Mathieu Briand

L'Opéra noir
Berdaguer&Péjus

L'Ecume des jours
Didier Fiuza Faustino

Les Sentiers de l'eau
Tadashi Kawamata

Limites Floues

Le Cabanon Vertical


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Fernagu Harald

 
Artiste I Fernagu Harald

 

LE VOLUME DE L'IMAGE

Depuis une quinzaine d’années, je suis membre actif de la communauté Emmaüs de Dijon. Je me suis toujours amusé de constater l’écart qu’il y a entre la personnalité des compagnons que je connais, et la perception qu’en ont les clients qui viennent à la communauté. Oublié l’individu : l’humour de l’un, la fantaisie de l’autre, le caractériel, le patient ou le rêveur, tous sont “précaires“. De cette réalité ainsi simplifiée, tous se rassurent sur leur non-appartenance à ce groupe humain : cette exclusion n’est pas la leur.

Quand un visage est marqué par les rides de la souffrance, le portrait se fige sur ces blessures et le visage se fait masque. Dans mon travail de portrait photographique, j’ai invité certains amis, compagnons d’Emmaüs, à jouer avec ce masque dans des mises en scène ludiques. En intégrant ces visages et ces corps dans ces fictions burlesques, je contredis l’image de la souffrance. Cette incarnation ne se construit pas dans les codes visuels, mais dans la générosité, le plaisir, la complicité avec laquelle l’individu se prête au jeu.
Là où l’image dématérialise la réalité, le bricolage réintègre au contraire l’objet brisé ou jeté dans un cycle.

...extrait Harald Fernagu, 2004


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C’est de plus en plus naturellement que l’image est devenue aujourd’hui le support essentiel de toutes communications. Les médias s’appuient sur elle pour définir la réalité, à tel point que là où il n’y a pas d’images, il n’y a pas d’informations. L’aspect condensé et immédiat de l’image est absorbé comme une synthèse, sans perte, de ce qu’il faut savoir. Elle transmet notre histoire collective, organise pour nous une sorte de « new way of live ». Le rêve ne se situe plus sur un continent lointain mais dans la géographie de l’image.

L’image est au cœur de nos cultures. Maîtriser les codes de l’image, c’est mieux comprendre nos sociétés. Inventer de nouvelles mécaniques de l’image c’est écrire les modes d’expressions sociales et culturelles de demain. Cette recherche, cette analyse doit permettre d’appréhender le fond de la forme, cette forme riche et bruyante de l’imagerie contemporaine. L’image est une illusion du tout, un savoir morcelé, une réalité schizophrène qui se voudrait à la fois empreinte du temps et fille aînée de la technologie.

Cette brutale coupure au temps qu’a influé la technologie à l’image, les nouvelles pratiques de modélisation informatique, modifie notre perception de la réalité : l’image n’est plus le témoignage de la réalité, mais une réalité à part entière. L’image n’a plus vocation à illustrer symboliquement notre culture comme « l’angélus de nos campagnes », elle fabrique une culture à part entière. Là où la culture se définissait par une activité sociale mise en commun, l’image invente une réalité dématérialisée, où le rêve, le fantasme supplante le vécu. Notre société se dématérialise. Il n’y a plus d’objets culte, mais un culte de l’image de l’objet. Mon travail de fabrication d’images et d’objets est au cœur de cette réflexion.

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book.harald.fernagu


Le Tricheur, vues de l’exposition, 2004
Page de droite : Le Tricheur, jeu de 32 cartes,
objet multiple vendu au prix coûtant de 1,24 €,
9,7 x 5,9 cm, 2004


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