LE VAISSEAU / Mathieu Briand
Une œuvre-environnement pour accompagner les tout-petits dans leur découverte du monde. Crèche de la Friche Belle de Mai, 13003 Marseille.
LE CHEMIN DES FEES / Lucy+Jorge Orta
Un parcours de sculptures pour réenchanter l'Huveaune. Cinq sites le long de l'Huveaune - Saint-Zacharie, Auriol, Aubagne et Marseille.
HORIZONS - LES SENTIERS DE L'EAU / Tadashi Kawamata
Une œuvre sur le territoire de la Camargue pour révéler la diversité des paysages du delta du Rhône. Musée de la Camargue, Mas du Pont de Rousty, 13200 Arles.
LIMITES FLOUES / Le Cabanon Vertical
Imaginer autrement les espaces extérieurs d'un équipement urbain pour décloisonner et démultiplier les usages. Centre social des Canourgues, 13300 Salon-de-Provence.
TO MAKE A PLACE / Krijn de Koning
Création d'un lieu de vie et de partage dans un collège dépourvu de cour de récréation. Collège Notre-Dame de la Major, 13002 Marseille.
BANC DE SABLE / Olivier Bedu
Transformation d'une place en point de repère urbain, lieu de vie convivial et multiple. Place François Moisson, 13002 Marseille.

Les Nouveaux commanditaires 2013

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 PROJETS EN COURS

Le Vaisseau
Mathieu Briand

L'Opéra noir
Berdaguer&Péjus

L'Ecume des jours
Didier Fiuza Faustino

Les Sentiers de l'eau
Tadashi Kawamata

Limites Floues

Le Cabanon Vertical


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Fakhir Ymane


Artiste I galerieofmarseille
 

 

Née en 1969 à Casablanca, vit et travaille à Marseille
Born in 1969 in Casablanca, lives and works in Marseilles

 

Ymane Fakhir utilise la photographie pour mener un travail d'analyse et de réflexion autour des rituels sociaux. Dans un premier temps, elle repère ces rituels, puis elle conçoit et planifie les prises de vues photographiques. Enfin, elle se rend sur les lieux pour les mettre en oeuvre, et probablement à l'épreuve de ce qu'elle avait imaginé. Dans les faits, c'est ainsi qu'elle avance depuis plusieurs années. C'est ainsi que naissent des séries d'images fixes, et à présent des oeuvres vidéos.


Deux ensembles d'images en couleur ‐ Le Trousseau et Le Bouquet, montrées par la galerieofmarseille en 2009 – sont centrées sur le thème du mariage. Elles sont un bon exemple de cette capacité à passer systématiquement en revue les éléments constitutifs d'une cérémonie. Dans cette continuité, les photographies exposées aujourd'hui ‐ les Socles (supports de pièces montées) et les Chaises ‐ sont des éléments de décor mis à nus, ramenés à une forme initiale habituellement cachée sous une accumulation de fioritures qui leur donnera une valeur d'usage. Jamais montrés directement, les corps sont éminemment présents dans ces images, par les vides qu'ils dessinent, qu'ils ont ou qu'ils vont bientôt occuper. Le vocabulaire de cet événement que peut représenter le mariage – est montré avec une grâce et une finesse qui n'enlèvent rien au regard nécessairement distancié et analytique voulu par l'artiste. Comme dans un atlas, les images s'accumulent et, sans didactisme, un ordre intérieur poursuit sa propre logique. Mais au‐delà d'un récit neutralisant en apparence – les fonds blancs et les cadrages resserrés isolant les sujets de leur contexte – les images poursuivent leur chemin en nous, n'hésitant pas à emprunter une voie plus subjective. Ce deuxième souffle contenu dans les oeuvres d'Ymane Fakhir tient à la construction d'une d'une temporalité suspendue, d'un moment répétitif et unique à la fois, dont on ne sait s'il est en train de se dérouler sous nos yeux, s'il s'agit d'une étape passée ou future. Cette sensation est de plus en plus présente dans l'évolution de ses photographies, mais c'est dans les vidéos, dont elle dit qu'il s'agit "d'une photo qui dure", qu'elle s'accentue.

Ces vidéos - dont trois sont présentées sur une série de cinq encore en cours d'élaboration ‐ ont été réalisées ces deux derniers mois. Il s'agit d'un travail très récent et ancien à la fois. Avant même la série du Trousseau 2005‐2009, l'artiste avait eu l'intuition qu'elle devait explorer un certain nombre de moments forts de son enfance. Ces tentatives non finalisées à l'époque ont fini par trouver leur aboutissement en se dépouillant de toute parole, pour s'en tenir à des gestes simples, gorgés de sens.
Pain de sucre, Cheveux d'ange et Graine s'appuient sur cette même intuition. Un récit épuré est rendu nécessaire quand il s'agit de maintenir éveillées des images fondatrices d'un espace méditerranéen où les pratiques ancestrales cohabitent naturellement avec les technologies les plus contemporaines. Ymane Fakhir décide alors de filmer en plan séquence, comme elle les aurait photographiées, les mains d'une femme dans ses activités de base. Elle passe en revue ces gestes répétitifs qui consistent à transformer une matière première en nourriture. Plusieurs écritures s'y croisent – chorégraphique, culturelle et symbolique -, telles trois dimensions incontournables pour saisir la densité de l'espace dans lequel se déroule l'action.
De ces mains de femme émergent des formes et des sons constitutifs de répertoires familiers, et il y a une sorte de magie à les voir se réaliser. L'agilité des mains, leur rapidité, leur exigence et leur détermination dans l'exécution, nous font assister en temps réel à un acte de création ancré dans le quotidien le plus trivial et pourtant emprunt de magie : quand la farine devient pâte, quand le roc blanc devient sucre en poudre, quand la rencontre de deux mains fait naître de minuscules cheveux d'ange.

pict.y.fakhir

Extrait du film "Taking Care"
Atelier de l'euroméditerrannée Marseille-Provence 2013



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